A propos du golf

L'architecte de golf : responsable d'un équilibre entre la nature et le golfeur

Derrière tout parcours de golf se cache un créateur, un artisan du paysage et amoureux du golf : l’architecte de golf. A lui de concevoir les finesses du tracé, à lui d’en maintenir l’équilibre… Explications.

 

Ce fairway en descente, ces bosses qui le jalonnent, ces arbres qui le longent, cet obstacle d’eau latéral, ce green cerné par des bunkers… Votre trou préféré, comme celui que vous haïssez, n’a pas été créé d’un claquement des doigts par Gaïa ou quelque mère nature. Non, il trouve sa genèse dans le cerveau torturé d’un homme issu de la cuisse de Jupiter : l’architecte. Oui, ce Grand Architecte, qui est à l’origine de tout parcours de golf, qui le façonne amoureusement et le sème de pièges pour le rendre moins accessible au commun des mortels. A l’origine de tout parcours de golf ? Faux, nous direz-vous. Ainsi, au XIXème siècle, les premiers links situés près des rivages écossais n’étaient que des terres sablonneuses, dénuées d’arbres, de facto plus adaptées au jeu qu’à d’impossibles cultures. A l’époque, point d’architecte pour concevoir le parcours. Mais plutôt des greenskeepers se chargeant d’entretenir les abords directs des trous. Greenskeepers qui, petit à petit, se mettent à aménager et améliorer le reste des tracés…

L’architecte apparaît dans la deuxième moitié du XIXème siècle

De là à dessiner un parcours du premier au dernier trou, il n’y avait qu’un pas que Thomas Mitchell Morris Sr, alias Old Tom Morris, s’est fait un plaisir de franchir. Il conçoit ainsi, avec Allan Robertson, le 10 trous de Carnoustie en 1842. Puis s’illustre en élaborant divers parcours, dont celui de Muirfield, où se déroule encore régulièrement le British Open. L’architecture golfique s’attaque alors à la création de golfs « inland », exportant ce sport à l’intérieur des terres.Evidemment, les caractéristiques des sols, de la végétation, tout comme le relief y sont très différents. L’architecte devient un maillon essentiel, faisant concorder sa connaissance du golf et ses compétences de paysagiste. Aujourd’hui, c’est lui qui propose un processus détaillé et s’attaque aux diverses problématiques et situations particulières d’un parcours, définissant les solutions à apporter. Tout en respectant le savant équilibre de son environnement, généralement marqué par 30% de zones semi-naturelles, des zones entretenues… et 60% d’espaces naturels.

En somme, le responsable d’un équilibre entre Gaïa et le golfeur !


Comment devient-on architecte de golf ?

En 2012, pour Le Figaro, Thierry Sprecher, architecte golfique, expliquait : « Il n’y a pas de filière linéaire d’architecte de golf comme on peut devenir pilote de ligne. En France, on n’est pas nombreux, on doit être six à vivre de cela. » Pour ceux que cette rareté ne rebute pas, il s’agit de s’orienter, à Bac+2, vers un concours commun à trois écoles : l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage, à Versailles et Marseille ; l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Lille ; et l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Bordeaux.


 

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